ARCHITECTES
Kashef Chowdhury - Urbana
PHOTOGRAPHIES
Eric Chenal, Anup Basak, Kashef Chowdhury
SUPERFICIE
2897 m²
ANNÉE
2011
LIEU
Gaibandha, Bangladesh
CATÉGORIE
Installations et structures
Description fournie par l’architecte.
Le Friendship Centre, situé près du chef-lieu du district de Gaibandha, au Bangladesh, est destiné à une ONG qui œuvre auprès des populations les plus pauvres du pays, vivant principalement sur des îles fluviales (chars) dont l’accès et les possibilités sont très limités.
Friendship utilise le centre pour ses propres programmes de formation et le louera également pour des réunions, des formations, des conférences, etc., afin de générer des revenus.
Le terrain bas, situé dans la région rurale de Gaibandha où l’agriculture prédomine, est menacé par les inondations si la digue qui encercle la ville et sa périphérie venait à céder.
Un programme vaste associé à des fonds très limités signifiait que surélever les structures au-dessus du niveau des crues (une hauteur de huit pieds) n’était pas envisageable : la quasi-totalité des fonds disponibles aurait été engloutie sous le niveau du sol. Le fait de se trouver dans une zone sismique et la faible capacité portante du sol limoneux ont ajouté d’autres complications.
La troisième et dernière proposition s’appuie sur une digue périphérique pour se protéger des inondations, tout en construisant directement sur le sol existant, au moyen d’une maçonnerie porteuse.
L’eau de pluie et le ruissellement de surface sont recueillis dans des bassins intérieurs, puis l’excédent est pompé vers un étang creusé, également destiné à la pisciculture.
La conception repose sur une ventilation et un rafraîchissement naturels, favorisés par les cours et les bassins, ainsi que par la couverture de terre des toitures. Le bloc « Ka » comprend le pavillon d’accueil, les bureaux, la bibliothèque, les salles de formation et de conférence ainsi que les pavillons, un espace de prière et une petite échoppe à thé.
Le bloc « Kha », relié par trois arcades, accueille les fonctions plus privées : dortoirs, pavillon de restauration et logements du personnel et des familles.
La buanderie et l’abri de séchage se trouvent de l’autre côté de l’étang. Il n’y a pas de climatisation et l’éclairage est entièrement assuré par des LED et des lampes à haut rendement énergétique.
Comme pour la construction, il en va de même pour la conception : le complexe du centre s’élève et existe comme un écho des ruines, animé par la mémoire des vestiges de Mahasthan (IIIe siècle av. J.-C.), à une soixantaine de kilomètres de là.
Construits et finis principalement dans un seul matériau — des briques locales fabriquées à la main —, les espaces se tissent de pavillons, de cours, de bassins et d’espaces verts, de couloirs et d’ombres. La simplicité est l’intention ; l’atmosphère est monastique.
Le centre accueille et rassemble certaines des populations les plus pauvres du pays et — par extension — du monde ; pourtant, dans l’extrême limitation des moyens, il s’agissait de rechercher le luxe de la lumière et des ombres, l’économie et la générosité des petits espaces, ainsi que la joie du mouvement et de la découverte dans le dépouillé et l’essentiel.

















